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Fibres au coeur d'une mandarine

Plage de Saint Nicolas






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Notre silence
Tu me tournes le dos.
Je te regarde et tu te déshabilles,
Lentement et entièrement.
Pudique, tu t'allonges près de moi, qui t'attends
Et tu restes immobile, nue, confiante, silencieuse.
Je regarde ton dos,
Ta nuque, tes fesses, tes jambes, tes cheveux, tes mains.
Je prends le temps de voir soigneusement ton corps
Sachant que tu m'acceptes pour te toucher, te masser, te caresser.
Lentement je pose une main sur toi
Pour sentir à nouveau ta peau souple et blanche.
Immobile, j'apaise mon manque, ma soif de toi.
Je caresse ton dos, tes bras, tes fesses, tes jambes,
Apaise des tensions, absorbe des chagrins.
Et l'humilité me gagne.
Et le mystère m'enveloppe.
Et l'incertitude de la réalité l'accompagne.
Ce que je ressens
Quand je forme mes mains
Aux rondeurs de tes fesses
Est presque indécent.
Et pourtant je les caresse encore
A l'écoute de mon plaisir.
Et je les caresse encore
A la recherche de ton plaisir
Et je rencontre ton silence
Qui sait permettre notre relation
Mais qui me brûle presque
Et c'est pourquoi je cesse
De caresser tes fesses.
Alors détail après détail
Je te touche et te souligne
Afin que ta présence
Me suive dans tout ton corps
A ma demande, tu te retournes,
Tu t'offres à mon regard
Pleine de pudeur et de fragilité.
Alors aussitôt je partage
Cette pudeur et cette fragilité,
Pour prendre soin de toi autant que je le peux,
Pour être digne de ce cadeau : de ta confiance,
Et pour ne pas sombrer dans des désirs
Qui n'ont pas d'expression
Dans notre silence.
A nouveau je prends le temps
De regarder ton corps
Ton ventre, tes mains ouvertes,
Tes seins, tes jambes,
Ton sexe roux, tes yeux fermés.
Les ouvriras-tu un jours ?
Me verras-tu te regarder ?
A nouveau je parcours ton corps
Pour en chasser la lassitude
Pour te réconcilier
Pour t'habiller de tendresse.
Je caresse ton visage,
Tes mains et tes seins,
Ton ventre sensible.
Si sensible
Qu'il échappe un instant au silence,
Réagit à un effleurement
Et me dit que ton corps est présent.
Alors dans la mèche rousse
Qui voile à peine ton sexe,
Je passe mes doigts
Comme avant dans tes cheveux.
Et je les passe encore
Quand dans ton silence
Je sens poindre une gêne
Qui aussitôt m'arrête.
A ma demande encore tu t'assoies
Et sur moi te laisses reposer.
Et tu offres à mes yeux
Par dessus ton épaule
Un paysage fragile.
C'est à peine si j'ose
Toucher encore ton corps
Mais le silence me dit
" N'est-elle pas là,
serrée tout contre toi ? "
" Quand la reverras-tu ? "
" Qui connait le futur ? "
Alors je te serre dans mes bras.
Je laisse déborder ma tendresse
Que tu connais déjà.
Je profite de ton visage
Tout contre mon visage.
Et je caresse ton cou, ton ventre, tes bras
Et je glisse ma main,
Oh un instant seulement,
Sous ton sein léger, pointu
Pour le tenir, pour le connaître.
Et à nouveau le silence me brûle
Et tu t'écartes de moi.
J'embrasse ton dos avec simplicité
Et je reste troublé
De nous avoir encore conduits
Dans les beautés inconnues
De nos corps humains.
Et je reste troublé
Longtemps
Dans notre silence.

Catégories : Jouer avec le feu - Histoire érotique

Par : Laurent
Numéro : 645

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